Voyages : le site Lastminute attaqué en justice pour “pratiques commerciales illicites”

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L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé ce lundi 27 janvier avoir assigné en justice le voyagiste en ligne. Elle l’accuse de vendre illicitement et à l’insu de ses clients des assurances onéreuses.

Photo d'illustration.
Photo d’illustration.Crédit : Nhac Nguyen / AFP

Sarah Ugolini

PUBLIÉ LE 27/01/2020 À 17:31

le voyagiste Lastminute visé par une plainte pour tromperie. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé ce lundi 27 janvier avoir attaqué devant le tribunal judiciaire de Paris le voyagiste en ligne Lastminute. L’association l’accuse de vendre illicitement et à l’insu de ses clients des assurances onéreuses.

“L’association a saisi le tribunal judiciaire de Paris pour que cette pratique qui rapporte plusieurs millions d’euros par an à Lastminute cesse, soit jugée agressive et trompeuse et que l’opérateur soit sanctionné“, indique l’association dans un communiqué.

“Depuis quelques mois, alors que les consommateurs ne choisissent pas initialement d’assurance, le voyagiste fait apparaître, après la validation du moyen de paiement, une fenêtre pop-up qui détourne l’attention des consommateurs et leur fait souscrire l’assurance la plus chère sans s’en rendre compte“, assure l’UFC Que Choisir qui “dénonce ce piège marketing simple mais terriblement efficace”. Une pratique interdite par la loi.

L’association recommande aux consommateurs la plus grande vigilance

Début novembre, le quotidien britannique The Times avait même calculé que ce procédé pourrait permettre de dégager six millions de livres de recettes supplémentaires si un quart des clients de Lastminute, qui vend plus d’un million de vols et de séjours par an au Royaume-Uni, souscrivait, volontairement ou non aux assurances proposées.

LE MONDE S’EMMERDE

Tourisme

Par Charlie Hebdo – 07/08/2019

Le monde s’emmerde

Greta Thunberg veut aller aux États-Unis, mais en bateau à voile afin de produire le moins possible de CO2.

Les ricaneurs ricaneront, mais cette initiative nous oblige à réfléchir sur ce que voyager veut dire. Pourquoi se déplacer ? Pour aller où ? Pour faire quoi ?

La période des vacances est le moment où tout le monde fait ses valises pour s’échapper vers d’autres horizons.

En 1936, c’était en tandem ; en 2019, c’est à bord d’un Airbus A380.

Pour permettre au citoyen consommateur de partir en vacances et par la même occasion d’enrichir l’économie du tourisme, des technologies ­extraordinaires – avions, trains, paquebots – ont été mises au point pour atteindre les quatre coins de la planète.

Même Louis XIV, qui se tapait le derrière dans son carrosse pour traverser le pays, aurait aimé bénéficier d’un tel luxe pour se déplacer. Aujourd’hui, chaque vacancier est le monarque d’un royaume qui est désormais la planète entière. Une planète qui lui appartient et où il peut se promener comme dans son jardin.

Mais qu’y a-t-il de si important au bout du monde qui mérite de transporter ces hordes de touristes dans de telles expéditions ? On voit régulièrement au journal télévisé des reportages consacrés aux Français en vacances sous d’autres latitudes.

Quand la caméra interroge le touriste pour savoir ce qui l’a poussé à venir jusque-là, la réponse est presque toujours la même : « C’est beau », « C’est magnifique », « Un spectacle inoubliable », « Les gens sont adorables ». Et puis c’est tout.

Des milliers de kilomètres parcourus en avion juste pour jouir du moment furtif de regarder un paysage agréable. Comme si, pour égayer notre vie monotone, il fallait l’agrémenter de décors grandioses. Des tonnes de kérosène brûlées pour se convaincre que dans sa vie on a quand même vécu des trucs formidables.

Quand j’étais gosse, je rêvais de visiter la pyramide du Soleil, au Mexique. Les illustrations dans les livres de géographie m’impressionnaient et je voulais m’y rendre pour apprécier la majesté des lieux. À ce jour, je n’y suis toujours pas allé. Et tout bien réfléchi, ce n’est pas plus mal. Je crois même que je mettrai un point d’honneur à ne jamais y mettre les pieds.

Qu’est-ce que cela m’apporterait d’être sur place pour voir un truc pareil ? C’est beau, c’est grand, c’est majestueux. On le sait déjà. Alors pourquoi y aller pour arriver à la même conclusion que celle des milliers de touristes qui s’y sont déjà rendus ?

Pour quelques photos – toujours les mêmes – qui croupiront dans le disque dur de mon ordinateur ? Pour avoir quelque chose à raconter pour épater les collègues de bureau ?

Rien de vraiment indispensable, finalement. Ce site, qui existe depuis presque deux mille ans, continuera d’être toujours aussi beau sans ma visite.

Devenu dessinateur à Charlie, j’eus souvent l’occasion de me rendre dans différents pays pour réaliser des reportages. Moi aussi, j’ai grillé des tonnes de kérosène afin de ramener des enquêtes pour le journal. De retour en France, on me demandait si j’avais visité tel lieu touristique ou telle réserve naturelle.

À chaque fois, je me sentais un peu idiot d’avouer que je n’en avais visité aucun, ni en Afrique où je n’ai vu aucune bête sauvage, ni en Amérique du Sud où je n’ai croisé aucun serpent ni aucune mygale.

Au lieu de cela, j’avais passé mon temps à discuter avec des paysans édentés qui faisaient pousser des cailloux et avec des miséreux qui macéraient dans leurs bidonvilles.

Pendant ces voyages, j’ai vu bien plus de cabanes en tôle et de crottes de chiens dans les égouts des taudis que de couchers de soleil sur les cocotiers.

Car il n’y a que cela qui justifie qu’on se déplace si loin. Aller vers les autres, pour les écouter et tenter de les comprendre. Et pour ça, pas d’autre moyen que le voyage. Aller à la rencontre de l’inconnu pour le dévoiler et le révéler au monde est la seule raison qui justifie de telles expéditions.

Quand on est touriste, on n’apprend rien, on ne découvre rien. En tout cas rien de crucial qui mérite de faire un voyage pareil. Finalement, on vit très bien sans le tourisme.

Le tourisme est le cache-misère de notre ennui, de notre incapacité à s’intéresser aux autres. Le touriste ne s’intéresse qu’à lui-même et assigne au monde la mission de le valoriser en transformant les paysages et leurs habitants en décors de carton-pâte et en figurants pour distraire sa petite vie triste.

Si les gens savaient donner un sens à leur vie, ils n’auraient pas besoin de survoler des océans et des continents juste pour dire, plantés devant un paysage, « c’est beau ». Aller si loin pour chercher le beau, c’est avouer qu’on n’est pas capable de le trouver chez soi.

Le monde s’emmerde, alors il fait du tourisme. 
Et le tourisme emmerde le monde entier.

Histoire vécue, et question à cent sous.

CO2, Pollutions, Tourisme

On plante le décors.

« Jean » très sportif dépense 0.5 kWh par jour

« Jeannie » normale dépense 0.1 kWh par jour

Un litre d’essence contient 10 kWh.

Soit 100 jours des dépenses énergétiques de « Jeannie » ou 20 de celles de « Jean ».

« Jean »et « Jeannie » qui ne se connaissent pas, préparent leurs vacances.

« Jean »qui n’est jamais allé « là-bas », ne peut pas résister.

En 3 clics, il achète donc 1000 litres de Kérosène détaxés… Il se prépare à partir « là-bas », et se dit qu’il a fait un bon coup …

Le premier jour bien que très sportif il montera les 20 marches de la passerelle pour accéder à son siège. Et encore s’il n’avait pas fallut faire la reconnaissance des bagages il aurait pu éviter cette grimpette.

« Jeannie »qui veut surtout prendre l’air opte pour « les chemins de Stevenson » ; elle compte bien marcher 20 km chaque jour, c’est encore à sa portée. Et en automne l’aventure l’inspire.

En plus elle pourra prendre le train pour le retour.

Retour de vacances :

Tout le monde est très content…

« Jean »ne compte pas, il a les moyens il a déjà oublié les 1000 € du séjour « all inclusive » vol compris « on ne s’occupe de rien. »

« Jeannie », en a bien profité, l’été indien à été magnifique, les couchés de soleil sur le causse Méjean étaient splendides.

1000 litres de Kérosène c’est entre 2.5 et 3 tonnes de CO2 par passager si on considère que l’extraction ne s’est pas faite toute seule.

On ne les voit pas mais on les mesure, elles sont là pour 100 ans, un cadeau pour les héritiers.

« Ils pourraient dire merci. »

« Tant que les Chinois brûlent du charbon on ne peut rien nous dire… ».
Et puis à 300 passagers dans l’avion on ne l’a pas vu le CO2 ( 3 x300 = 900 tonnes…), le pilote n’en a même pas parlé, et les hôtesses ont bien nettoyé les tablettes, mais pas le CO2.

Note : 1000 litres => 10 000 kWh ou 20 000 jours = 55 ans de dépenses musculaires intenses parties en 24 heures, pas le temps d’y voir.

« Jeannie »est en pleine bourre, elle a tenu le choc et à perdu 3 kilo.

Elle a découvert les Cévennes, la Toscane Française, les villages : Le Monestier-sur-Gazeille, Arquejols, Mirandols, Le mont Lozère, Cocurès, St Germain-de-Calberte…

Et chaque jour de nouvelles rencontres, Jeannie à remplit son carnet de bonnes adresses.

Questions :

Il lui arrive de penser à « Modestine ».

« Jean » à t-il payé le vrai prix du voyage ? Ou bien une fraction infime ?

Le coût de la dépollution est à charge de qui : Jean, la compagnie aérienne, l’agence de tourisme, la compagnie pétrolière ?