Ile-de-France : l’appel de 67 maires et présidents de collectivités contre l’extension de l’aéroport de Roissy

Aéroports, Bruits, Citoyens, Politiques, Pollutions

Opposés à la construction du terminal T4, les élus franciliens viennent d’adresser une lettre à Emmanuel Macron.

Roissy. Vue du futur Terminal 4 de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. DR

Par Claire Guédon et Olivia VillamyLe 16 janvier 2020 à 21h01, modifié le 16 janvier 2020 à 21h21

« Monsieur le Président de la République, […] nous vous invitons à abandonner le projet d’extension de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. » La demande formulée dans la lettre commune envoyée le 10 janvier à Emmanuel Macron est très claire. Ils sont désormais 67 maires et présidents de collectivités d’Ile-de-France de tout bord politique à s’opposer à la future construction du gigantesque terminal T4.

Les maires de Nanterre (Hauts-de-Seine), Patrick Jarry (Gauche citoyenne), d’Ermont (Val d’Oise), Hugues Portelli (LR), de Paris, Anne Hidalgo (PS) ou encore de Saint-Denis, Laurent Russier (PCF) sont parmi les signataires, comme les présidents des territoires de Plaine commune et d’Est Ensemble, mais aussi des départements de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

Echarpe tricolore sur le buste, les élus se sont réunis ce jeudi après-midi au siège de Plaine commune, à Saint-Denis pour faire entendre solennellement et publiquement leur voix et leur différence. Une position nouvelle qui tranche avec l’époque pas si lointaine où les promesses d’emplois des projets d’extension aéroportuaire de Roissy comptaient plus que les questions environnementales.

« Protection du climat & la santé »

« Entre des perspectives de croissance hypothétiques et la protection du climat et de la santé de nos concitoyens, nous avons pour notre part choisi », détaille le courrier dans lequel il est demandé à Emmanuel Macron « d’envisager ensemble la construction d’alternatives génératrices d’activités, écologiquement responsables et protectrices des habitants. »

Non aux nuisances des avions, oui au développement économique, c’est en résumé ce que défendent les élus pour leur région. « On a besoin des emplois mais n’existe-t-il pas d’autres manières d’en créer ? Je crois que la grande question contemporaine, c’est de ne plus opposer les questions sociétales aux questions environnementales », juge David Proult, maire-adjoint à l’aménagement et à l’urbanisme de Saint-Denis.

Le projet d’extension porté par le groupe ADP s’inscrit effectivement dans des prévisions d’augmentation de trafic, estimées entre 2 et 3 % par an. « L’ouverture du terminal 4 représenterait 38 % de trafic en plus. Pour une ville comme Epinay, c’est colossal », s’alarme Eugénie Ponthier, maire-adjointe à l’origine de l’appel.

A l’horizon 2037, année où le T4 est censé être en service dans sa totalité, Roissy pourrait supporter entre 107 et 126 millions de passagers annuels (contre 76,2 millions en 2019) et enregistrer entre 620 000 à 660 000 mouvements d’avions (contre 498 175 en 2019).

Saint-Denis, le 16 janvier. Les maires d’une soixantaine de communes d’Ile-de-France s’opposent au projet d’extension du terminal 4 de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Ils dénoncent la pollution atmosphérique et sonore du projet. LP/Olivia Villamy
Saint-Denis, le 16 janvier. Les maires d’une soixantaine de communes d’Ile-de-France s’opposent au projet d’extension du terminal 4 de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Ils dénoncent la pollution atmosphérique et sonore du projet. LP/Olivia Villamy  

« Ils nous promettent 50 000 emplois mais c’est du vent ! »

« Ce T4 va surtout servir à faire des escales, pour répartir les gens en transit mais ça ne va pas profiter au territoire », craint Hervé Chevreau, maire (SE) d’Epinay-sur-Seine.

Un point de vue partagé par Xavier Melki, maire (LR) de Franconville (Val-d’Oise). « Ils nous promettent 50 000 emplois mais c’est du vent ! Combien d’emplois directs ? Combien d’emplois pérennes ?, s’interroge-t-il. Quand on regarde les chiffres, depuis 6 ans le nombre d’emplois a baissé sur la plate-forme de Roissy malgré la hausse exponentielle des vols. »

Les doutes de l’élu font écho à une polémique qui a entouré les hypothèses économiques indiquées par le groupe ADP, lors de la concertation préalable organisée entre février et mai 2019. Selon le GIP Emploi de Roissy (qui rassemble partenaires privés et publics depuis 1998), le nombre de postes liés au Terminal 4 pourrait représenter 4 000 à 5 000 emplois par an, en phase chantier et à terme, entre 40 600 et 44 700 emplois, pour la phase exploitation.

L’enquête publique pour « autorisation environnementale » aura lieu au deuxième trimestre 2020.

Ma vie dans le Bruit

Aéroports, Bruits, Cie Aériennes, Citoyens, Politiques, Pollutions

France2 – Envoyé Spécial – 2020 01 14

Avions, trains ou voitures qui passent à toute allure… En France, près de 9 millions de personnes seraient exposées au bruit infernal des transports.

Limites selon OMS :
45 dB avions ( mesuré à 85 dB)
53 dB trafic routier
54 dB Train
Pour l’ANSES :
Au delà de 65 dB le bruit devient un problème sanitaire

Jean-Baptiste Djebbari : “le secteur aérien a toute sa place pour l’avenir”

Aéroports, Cie Aériennes, Non classé, Politiques
Congrès de l’UAF – TourMag – Rédigé par Pierre Georges le Jeudi 7 Novembre 2019
Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat au Transport lors du congrès de l’UAF : « Le programme est vaste mais nous pouvons le relever collectivement. Je suis prêt, je compte sur vous et vous pouvez compter sur moi »

Placé cette année sous le thème des « ruptures », le deuxième congrès annuel de l’Union des aéroports français (UAF), qui se tenait à Montrouge (Hauts-de-Seine) jeudi 7 novembre 2019, a vu s’entremêler les grands débats qui agitent actuellement le secteur.

« Cette année a vu éclore une interrogation sociale sur la place de l’aérien dans la société », a résumé Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat au Transport, venu clore les débats.

« Je partage avec vous l’idée que le transport aérien est un transport complémentaire aux autres, et qu’il a la nécessité de participer au désenclavement des territoires. Je veux vous réaffirmer que le secteur aérien va s’ajuster et qu’il a toute sa place pour l’avenir », a lancé, optimiste, le ministre (également pilote de ligne diplômé de l’Enac) devant les membres de l’UAF.

Pour lui, la compétitivité et la transition vers une aviation durable sont les deux enjeux principaux qu’a à relever l’aérien actuellement.

« Le programme est vaste mais nous pouvons le relever collectivement. Je suis prêt, je compte sur vous et vous pouvez compter sur moi ».

« Le rapport au voyage et aux aéroports est en train de changer. Nous n’avons jamais vu un secteur confronté a autant d’évolutions, de ruptures et de défis aussi multiples en même temps », a-t-il poursuivi, évoquant pèle-mêle la forte intensité concurrentielle, la consolidation des acteurs du secteur, l’impact du digital sur certains métiers, et plus globalement la mise à mal de la compétitivité du transport aérien français.

« Le pavillon français ne profite pas de la croissance mondiale. Si les Assises du transport aérien ont permis de dresser un agenda des solutions, nous ne sommes peut-être pas allés jusqu’au bout de l’exercice », a ensuite reconnu le secrétaire d’Etat, interpellé par Thomas Juin, président de l’UAF.

« 2019 aura été une année de rupture lors de laquelle s’est installé un climat hostile au transport aérien, qui nous a pris au dépourvu », avait auparavant résumé ce dernier, déplorant l’absence de mesures fortes prises par le gouvernement pour aider le secteur et regrettant encore la mise en place en janvier 2020 d’une écotaxe « punitive plutôt qu’incitative ».

« C’est une occasion manquée pour notre pays d’accompagner la transition écologique du secteur », a estimé Thomas Juin.

Décryptage Restons les pieds sur Terre.

Congrès de l’Union des Aéroports de France : Il faut mobiliser

La place de l’aérien dans la société : 15%

Participer désenclavement des territoires : Faut pas exagérer

Le pavillon Français ne profite pas de la croissance mondiale : Laquelle ?

Non au projet d’extension de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle

Aéroports, GIEC, Organisation, Politiques

Par Un collectif d’associations — 14 octobre 2019 à 15:15

En contradiction avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat, le projet de terminal 4 à Roissy-Charles-de-Gaulle doit être abandonné, estime un collectif d’associations dans une lettre ouverte au président de la République.

Tribune. Monsieur le président de la République,

Nous vous demandons l’abandon du projet d’extension de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (terminal 4) au nom de l’urgence climatique. Lors de votre discours du 24 septembre à l’assemblée générale de l’ONU, vous avez déclaré qu’il fallait «remettre en cohérence nos agendas et nos actions» et qu’il fallait «que les grands pays de ce monde arrêtent de financer de nouvelles installations polluantes dans les pays en voie de développement». Vous avez également déclaré vouloir mener «cet agenda de réconciliation» en France et en Europe.

En toute cohérence, cette ligne est également celle de votre gouvernement. Comme l’a déclaré votre secrétaire d’Etat Brune Poirson, représentante de la France lors de la COP24 à Katowice, «les scénarios du Giec sont connus de tous. Nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire d’émissions pour survivre. […] Ce diagnostic, nous l’avons tous reconnu en signant l’accord de Paris. Il nous incombe donc d’être cohérents, c’est-à-dire d’agir en conséquence à tous les niveaux».

Cette cohérence est en effet essentielle. Elle est même la condition de la confiance des citoyens dans l’action politique. Et c’est cet agenda de cohérence entre les mots et les actes que nous appelons de nos vœux dans le domaine du transport aérien aujourd’hui.

Vous avez mis en place le Haut Conseil pour le climat. Ce dernier a également mis en avant l’exigence de cohérence dans son rapport 2019. Selon ce rapport, «l’objectif de neutralité carbone en 2050 visé par la stratégie nationale bas carbone révisée est cohérent avec les objectifs de l’accord de Paris et les dernières connaissances scientifiques, mais il ne couvre pas l’entière responsabilité de la France car les émissions liées aux transports aériens et maritimes internationaux et aux importations ne sont pas incluses».

Le transport aérien illustre en effet pleinement ce mur de l’incohérence auquel nos responsables politiques se heurtent trop souvent. Et le projet de terminal 4 à Roissy porté par le groupe ADP est plus encore archétypal. Selon les chiffres d’ADP, le terminal 4 pourrait générer une hausse de trafic aérien de 38% d’ici 2037, avec 500 avions de plus par jour (au total 1 800 vols quotidiens) et 40 millions de passagers de plus par an. Soit la capacité de l’aéroport d’Orly ajoutée à celle de Roissy! Ce trafic accru ajouterait 12 Mt d’équivalent CO2 aux émissions annuelles de la France d’ici 2037

Or, pour atteindre l’objectif de neutralité carbone que s’est fixé le pays pour 2050, il ne faudra pas émettre plus de 100 Mt d’équivalent CO2 en 2037. A cette date, le trafic lié au terminal 4 représenterait donc à lui seul 12 % des émissions autorisées pour la France, et le trafic total de Roissy environ 35% (1).

Enfin, la Commission nationale du débat public, reléguée au rôle ingrat de simple garant de la concertation préalable menée par le groupe ADP – par un artifice juridique dénoncé par sa présidente Chantal Jouanno (2) –, n’a pas manqué de noter dans son bilan de la concertation qu’«il conviendrait que l’Etat précise comment l’évolution du trafic s’insère dans le cadre des engagements internationaux de la France dans la lutte contre les changements climatiques».

A notre connaissance, aucune réponse satisfaisante n’a été fournie à ce questionnement. La contribution de la Direction générale de l’aviation civile datant de juillet (3) invoque une taxe trop faible pour qu’elle infléchisse la croissance du trafic de manière significative et renvoie à une logique de compensation carbone dont la pertinence pour réduire l’impact climatique de l’aérien n’est aujourd’hui pas démontrée.

En effet, selon une enquête réalisée pour la Commission européenne, 85% des projets de compensation analysés avaient une faible probabilité de remplir les critères attendus en matière de réduction d’émissions (4). La croissance des émissions de gaz à effet de serre du transport aérien n’est pas compatible avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat (5).

Dès lors, il ne fait aucun doute que le projet de terminal 4 à Roissy-Charles-de-Gaulle n’est pas cohérent avec les engagements de la France. C’est pourquoi nous demandons instamment que l’Etat, au nom de la cohérence climatique, s’oppose à cette extension aéroportuaire. Alors que l’urgence climatique se fait plus pressante, il faudrait même aujourd’hui amorcer la décroissance du transport aérien en s’appuyant sur une fiscalité incitative permettant également de financer des alternatives, et en premier lieu les trains, de jour comme de nuit. Longtemps négligés, ces derniers peuvent permettre, sans grands travaux, de connecter l’Europe sur des distances pouvant atteindre 1 500 km, ce qui couvre une large part des destinations aériennes. Avec nos très respectueuses salutations,

Signataires : Advocnar, Non au T4, Réseau action climat, Fnaut, France nature environnement, France nature environnement IDF, Amis de la Terre, Stay Grounded, Oui au train de nuit, Alofa Tuvalu, TaCa Agir pour le climat, Alternatiba ANV-COP21 Paris.

(1) Selon la DGAC, le trafic aérien de Roissy a été responsable de l’émission de 13,2 Mt CO2 en 2018 (LTO + 1/2 CR + APU) pour 72,3 millions de passagers. En 2037, on peut estimer qu’il sera responsable de l’émission de 17,4 Mt CO2, dont 6,2 Mt attribuables aux 40 millions de passagers supplémentaires accueillis par le T4. Nous avons tenu compte dans le calcul de la diminution des émissions par passager en supposant que le rythme d’amélioration de l’efficacité de 0,85% par an constaté depuis 2010 se poursuivrait jusqu’en 2037. Pour tenir compte du forçage radiatif des traînées de condensation et cirrus induits et des émissions de CO2 liées à la production du kérosène, il faut, selon l’Ademe, multiplier par 2,2 le chiffre d’émission de CO2, soit 35 Mt CO2 pour l’ensemble de l’aéroport en 2037.

(2) Lettre de la présidente de la CNDP adressée le 7 juin 2018 au Premier ministre ainsi qu’à la ministre des Transports, la présidente de la région Ile-de-France et le ministre de la Transition écologique et solidaire. Dans cette lettre, elle demandait également que soit organisé un débat public sur la cohérence des projets envisagés dans le nord de l’Ile-de-France (Terminal 4, Europacity, CDG Express, ligne 17 et infrastructures olympiques), sujet non abordé lors des débats relatifs à chacun de ces projets.

(3) Conclusions de la CNDP sur la concertation Terminal 4. Contribution de la DGAC pour la réponse des pouvoirs publics à la demande de précision numéro 3. Juillet 2019.


“Arrêtez de taper sur l’avion”, la tribune de 93 élus.

Politiques, Taxes

Le JDD – 22 Juin 2019

Face “à une multiplication des attaques contre l’avion”, 93 parlementaires de tous bords défendent le mode de transport aérien dans un texte que publie le JDD.

Un A380 décollant de Toulouse-Blagnac, l’un des aéroports qui drainent une partie de l’économie de la région Occitanie. (Sipa)

Information, simple constat, ou désinformation ?

Halte au “flygskam”! Ce mouvement, né en Suède et qui essaime partout dans le monde, incite à renoncer à l’avion pour des raisons écologiques. Et ça ne plaît pas à 93 députés et sénateurs français de tous bords qui disent “assister, interloqués, à une multiplication des attaques contre l’avion”, notamment au Parlement. Dans une tribune publiée par le JDD, ils décrivent l’avion comme “une nécessité vitale” et “le seul moyen pour certains de nos territoires de leur éviter un isolement mortifère”.

La tribune des 93 parlementaires :

“Honte de prendre l’avion (‘flygskam’), amendement à la loi d’orientation des mobilités prévoyant d’augmenter la taxe sur le kérosène et le taux de TVA sur les billets d’avion, proposition de loi visant à interdire les vols ­domestiques lorsqu’il est possible de prendre le train avec un temps supplémentaire de deux heures et demie ou moins… Ces dernières semaines, nous assistons, interloqués, à une multiplication des attaques contre l’avion.

Sans remettre en cause l’urgence écologique et la nécessité de ­réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, nous souhaitons mettre en garde contre des solutions démagogiques et ­caricaturales qui sacrifieraient, encore une fois, les territoires les plus éloignés des métropoles et leurs habitants.

Pour certains de nos territoires, les lignes aériennes interrégionales sont souvent le seul moyen de leur éviter un isolement mortifère

Non, l’avion n’est pas un moyen de transport qui serait un caprice réservé aux nantis! Pour beaucoup de nos départements, il est une nécessité vitale. Certains de nos territoires sont en effet victimes d’un enclavement qui handicape leur développement. Les lignes aériennes interrégionales, en particulier celles qui les relient à Paris, sont souvent le seul moyen de leur éviter un isolement mortifère, faute de dessertes routières et ferroviaires adaptées à notre époque.

Pour rejoindre Aurillac au ­départ de Paris, par exemple, il faut compter sept heures de train et deux changements, avec souvent l’obligation de prendre un autobus. Dans le Cantal, en général, il faut en outre compter environ une heure et demie pour rejoindre une autoroute. C’est bien la ligne aérienne d’aménagement du ­territoire qui maintient une grande partie du département en vie et connecté au reste du pays.

En dépit des difficultés auxquelles ils doivent faire face, nos territoires sont malgré tout des viviers d’entreprises innovantes et dynamiques, avec des pépites à la renommée parfois internationale. À Quimper, des entreprises comme Armor Lux ou Verlingue font la fierté du Finistère. Dans le Cantal, l’entreprise Matière emploie plusieurs centaines de personnes et construit des ponts métalliques dans le monde ­entier. L’avion, souvent beaucoup plus rapide que le train, leur est indispensable pour permettre aux dirigeants et salariés de rencontrer rapidement leurs clients à Paris et à l’étranger. Deux heures et demie de temps de transport supplémentaire seraient inconciliables avec la vie économique normale de ces entreprises.

Privilégions l’écologie incitative plutôt que punitive

Brest, Chambéry, Limoges, Agen, Tarbes, Brive, Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand… Autant de villes qui, grâce à leur aéroport, irriguent l’activité économique d’une région. À titre d’exemple, les dix aéroports d’Occitanie génèrent 1% du PIB local.

Qu’il n’y ait pas de méprise, nous ne sommes les représentants d’aucun lobby. Nous avons conscience de l’importance de changer nos modes de transport et de consommation pour lutter contre le réchauffement climatique… mais privilégions l’écologie incitative plutôt que punitive. Aidons le secteur aérien à adopter une stratégie bas carbone en développant la recherche sur l’hydrogène et le biokérosène.

C’est précisément à ces fins qu’une mission d’information parlementaire sur le transport aérien et l’aménagement des territoires a été lancée en mai dernier. Pluraliste et proche des préoccupations de tous nos territoires, elle formulera certainement des propositions intéressantes en tenant compte du paramètre ­écologique.

Ne jetons pas l’anathème sur un mode de transport dont la suppression aurait des conséquences économiques et sociales dramatiques pour beaucoup de nos concitoyens. L’avion nuit au climat, certes ; mais si on le compare à l’automobile, il consomme deux fois moins par passager. S’y attaquer sans ­discernement aggraverait considérablement la fracture territoriale et sociale de notre pays.”

“Un surcoût de 60 millions d’euros par an”: Air France déplore la mise en place d’une écotaxe sur les billets.

Cie Aériennes, Politiques, Taxes

Une écotaxe sur les billets d’avion, et du gazole moins bien remboursé pour les routiers : les annonces d’Élisabeth Borne provoquent inquiétudes et colère chez les professionnels du secteur.

franceinfo Raphaël Ebenstein Radio France

Crédit France tv info Stéphanie Berlu

Le projet d’instaurer une écotaxe sur les billets d’avion, et celui de baisser le remboursement du gazole auquel ont droit les routiers, annoncés mardi 9 juillet par Élisabeth Borne lors du deuxième Conseil de défense écologique, provoquent la colère des professionnels du transport.

La ministre des Transports veut notamment mettre en place une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les billets d’avion à partir de 2020 pour tous les vols au départ de la France, sauf vers la Corse et l’outre-mer, et sauf vols en correspondance.

Colère chez Air France

Air France, le leader français du secteur, dit “déplorer fortement” cette annonce : “cette nouvelle taxe pénaliserait fortement la compétitivité d’Air France”, estime la compagnie, et elle “représenterait un surcoût de plus de 60 millions d’euros par an pour le groupe”. L’État calcule de son côté que cette taxe lui permettra de récupérer 180 millions d’euros par an, une enveloppe qui sera dédiée au “développement des transports ferrés autour des métropoles françaises”.

“C’est un très mauvais coup porté aux compagnies aériennes françaises”, confirme un autre dirigeant du secteur, contacté par franceinfo.